Encore un article du Thanh Nien, j’aime bien ce journal, il n’a pas le côté un peu « propagande » que je retrouve souvent dans les actualités et dans d’autres journaux vietnamiens. Mais bon, comme au Vietnam toutes les sources d’informations publiques sont contrôlées, il ne faut pas s’attendre non plus à lire des articles critiquant le gouvernement, mais au moins il y a des articles qui s’en approchent un peu.
Cet article est intéressant à mon sens :
“Come holiday season and I receive plenty of congratulatory cards – written only in English – from companies, organizations and businesses.
No Vietnamese, only English.
Then it happens again with invitation cards to press conferences, opening ceremonies and formal parties.
Yet again, I confront this phenomenon as I visit several restaurants and hotels to find menus and descriptions written only in English.
But wait. Some cards do contain Vietnamese, but so often it’s written in small letters and put in a very modest, unassuming spot.
What does this mean? That the organizers of the events feel embarrassed using Vietnamese?
For those who subscribe to Viettel land phones, it might be frustrating to hear the “not so fluent” English speaking voices announcing the reasons why the users’ phones were cut.
The story is the same with the dong, our national currency. Visit some language centers and international schools, clothing stores, or souvenir shops. The owners post prices only in US dollars.
I’ve been to some duty-free shops in some countries and find that they only accept payment in their own currency. In Vietnam, some duty-free shops even ask that customers must pay them in American dollars.
Here’s the lesson: if we don’t respect our national language, who else will? Some Vietnamese even find that it’s an honor to receive messages and cards in English.
Throughout our history, Vietnam has always been able to keep its own, distinctive culture and there’s no reason why we should not be proud of using our national language.
I am not saying that a card written in English would lead to losing the authenticity of this country.
But just think: if even the educated class of this country feels “more honored” using English, what can we ask from those girls who line up hoping to get married to foreigners?
It’s a matter of self-respect.
By Huynh Ngoc Chenh »
Trois choses concernant cet article :
L’avant-dernière phrase est un peu floue et fait un peu raccourci mais il y a du vrai. A prendre avec des pincettes.
C’est vrai que moi aussi j’ai toujours trouvé affreux des boutiques qui vous disent les prix en dollars parcque les taux de conversion sont pipés : « Yes sir : 1$ = 14000VND » et surtout parcque ça vous case cash dans la case « touriste de base qui a du mal avec les dongs ». Le pire c’est les boutiques qui demandent à être régler en dollars, généralement, ils ont la chance de me voir partir à cette annonce.
Les « non so fluent » voix, c’est toujours marrant, surtout dans les avions où vous comprenez presque mieux en Vietnamien (c’est dire) et que vous demander à votre voisin de siège : « Mais c’est de l’anglais ? »… Avec le fameux « Le train possède 6 heures en retard, merci de 18h30 ».
Parler anglais et écrire anglais c’est une capacité très recherchée pour le business, presque tous mes amis (et même des amis ingénieurs) suivent des cours d’anglais en cours du soir pour pouvoir acquérir ce précieux langage, indispensable à la réussite sociale aujourd’hui dans un contexte d’ouverture économique mondiale. Mais ce qui me fait sourire, c’est quand on fait un rapprochement avec la Chine. Pas la Chine d’aujourd’hui, non, celle-là, elle a franchi le pas et est une superpuissance aujourd’hui et donc, comme on a plus besoin de s’adapter aux autres, adios l’anglais, on ne parle plus que Chinois même si avant beaucoup voulaient parler anglais pour trouver un meilleur job. Quand vous regarder les films chinois d’il y a 10 ou 20 ans, la belle époque où la Chine voulait encore exploser au monde, les expressions anglaises étaient passées dans le langage courant et tous les acteurs voulaient travailler à l’internationale pour pouvoir « faire de leur pays un pays riche et puissant » (si si il y a vraiment des discussions de ce genre dans les vieux films chinois). Les américains étaient généralement les seuls étrangers dans ces films mais ils se faisaient toujours doubler par les super policiers chinois qui leur montraient, par leur super maitrise du kung fu et des cascades de malade, que la Chine était un pays puissant et digne de confiance, et paf ! le policier se récupérait une médaille des mains d’un grand ponte américain sous les yeux respectueux des américains. Réplique ultime d’un américain du FBI à un chinois de la police : « Vous avez des détecteurs de métaux en Chine ? » réponse : « Est-ce que les américains ont des Mc Donald ? ». Désolé, je me suis éloigné du sujet.
Aujourd’hui, même si le Vietnam déteste, mais alors, au plus haut point, qu’on le compare à la Chine du fait de l’occupation de 1000 ans auparavant et de toutes les guerres et attaques politiques qui vont avec, aujourd’hui, c’est pareil : c’est la classe de parler anglais car vous pouvez mieux vous adapter aux relations internationales, avoir des études à l’étranger et du coup mieux participer au développement de votre pays… Mais ce qui est intéressant c’est l’avenir : comme le Vietnam est sur les trace de la Chine et de l’Inde, est-ce qu’un jour cette course à l’anglais s’arrêtera pour reprendre le Vietnamien, langage qui devra être appris par les étrangers en signe de respect ? Je ne pense pas vraiment en fait mais c’est difficile à dire : les Vietnamiens donnent parfois l’impression de se vendre à l’étranger pour le business et pour l’argent mais leur fierté pour leur pays et leurs racines les empêchera toujours d’aller trop loin (encore que… l’argent rend les gens bien différents).
Ah là là… L’aura de l’étranger. Je pense que tous les gens qui sont allé au Vietnam (les garçons) ont eu la joie de se voir demandés en mariage par une jolie Vietnamienne. Pour une moindre mesure ici car, hé oui, personne ne m’a demandé en mariage (c’est presque triste), à chaque fois que je dis que je suis étudiant à Bach Khoa dans le domaine de la robotique, on me dit « Ah ? Tu es professeur ? » . Mais NOOOOOON je suis étudiant et les étudiants vietnamiens sont plus calés que moi en la matière ! Rôôôh, le pire c’est un ami qui voulait que son frère de 17 ans loge avec moi (j’ai eu le malheur de dire que j’avais une grande chambre) et qu’il travaille avec moi à l’université pour apprendre la robotique, mise à part le fait qu’accueillir un locataire sur mon dos ne me plaisait pas tant que ça, le problème c’était que je me trouvais alors au début de mon séjour et que je ne connaissais même pas la différence entre un PIC4431 et un PIC4331 (c’est un exemple criant pour moi, vous en faites pas, même si à l’air technique, ne pas le savoir n’est pas important) alors dire que j’allais lui apprendre la robotique c’est un peu comme demander à Vladimir Poutine de vous apprendre à être aimable ou à un jésuite de vous apprendre à gagner du temps sur des projets. Peut-être que d’ici 5 ou 10 ans, se sera différent ? Peut que l’aura parfois mystique de l’étranger disparaitra comme elle a disparue dans mes habitudes ici… Allez, j’y retournerai pour voir !
En conclusion de cet article bordelique, l’anglais a acquis ses lettres de noblesse au Vietnam, bien loin devant le vieux et compliqué français que seuls quelques étudiants choisissent d’apprendre mais toujours en parallèle de l’anglais. Cet engouement pour cette langue s’explique facilement par la volonté d’un avenir meilleur et surtout d’une promesse de meilleurs postes. Mais le jour où le Vietnam deviendra une puissance économique, se seront les étrangers qui devront se mettre au niveau des sociétés vietnamiennes et le Vietnamien sera alors un signe de respect recherché, l’anglais existera toujours mais un peu plus comme l’usage qu’en fait la Chine.
Derniers Commentaires